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XIXème siècle : siècle de grands travaux au Fort
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La citadelle et son fabuleux escalier de 1165 marches creusées au coeur de la roche.

Ce fort supérieur est donc caractéristique du fait de petits détails ou d'éléments bien plus imposants...

Hantés par le souvenir de 1814 et 1815, batailles durant lesquelles les assaillants avaient décidé, entre autre chose, de faire plier le fort inférieur en jetant allègrement sur celui-ci des pierres et rochers du haut de la falaise, les ingénieurs redoublent alors d'attention.

En redan , l'ouvrage s'ouvre face au rhône, face à la falaise abrupte mais s'adosse en pointe et à distance de la montagne. En effet, un fossé, là aussi creusé en pleine roche, de plus d'une douzaine de mètres de haut pour dix de large, sépare la construction de la pente du Crédo en amont .

Dans ces petits détails dont nous parlions, vous pourrez constater la présence d'une échauguette polygonale cohabitant avec des guérites cylindriques. Ne confondez pas avec les "lieux d'aisance" en débord de l'enceinte vers la guérite, côté Collonges ! Autre détail amusant : une atypique tour carrée d'escalier de près de 20 mètres de haut et donnant sur de nouvelles galeries, cavernes et batteries plus en amont encore.

Si vous avez la chance de pouvoir visiter ce fort supérieur, vous pourrez découvrir un système de pont-levis qui diffère de celui du bas puisqu'il est ici à spirale, avec "contrepoids constant et moment variable", invention du capitaine du Génie Derché. Il y a aussi les casemates ou batteries dites Haxo aux extrémités de cette caserne.

 

Mais si l'on doit parler de dédale de galeries, de paliers et de marches, c'est bien du prodigieux escalier reliant les deux fort dont il est question.

Un escalier monumental, de près de 12OO marches, creusé dans la roche et couvrant la totalité du dénivelé entre le fort inférieur et le fort supérieur, permettant ainsi une circulation protégée mais aussi un éventuel repli sur l'un des deux ouvrages. Tout au long de cet escalier, on croise magasins, casemates et autres abris. A la verticale mais au dehors, des terrasses peuvent accessoirement accueillir des pièces d'artillerie complémentaires. Ce qui offre aujourd'hui un agréable panorama sur tout le défilé n'était alors qu'un extraordinaire terrain de défense blotti dans le ventre de la roche.

Au milieu du XIXème siècle, Fort l'Ecluse devenait ainsi un formidable geste architectural et un instrument de défense ("d'interdiction" dans le jargon militaire) tout à fait exemplaire.

     

Une lignée ininterrompue d'hommes de valeur qui ont marqué leur temps et les grands évènements de l'histoire : Vauban, Rouget de l'Isle, Carnot, Haxo, Simon Bernard, Séré de Rivières, Joffre, Belhague, etc ...

 



Le Génie et le Service des fortifications.

Ce furent d'abord des officiers d'infanterie ou encore de cavalerie qui, par goût particulier pour ces opérations, prenaient en charge la réflexion et l'action générale durant les sièges; ils rejoignaient ensuite leurs unités d'origine.
Cette option très provisoire était alors peu propice à l'accumulation et à la diffusion des savoirs en la matière.

Au XIVème siècle, l'utilisation à des fins militaires de la poudre (et non son invention, puisque le premier texte à faire mention de l'ancêtre de la poudre à canon est un traité d’alchimie chinois du 10ème siècle !) révolutionne l'art de la guerre.
On imagine alors de s'enterrer plutôt que de s'élever face aux tirs de canons du défenseur, on creuse des tranchées, on trace en zigzags pour éviter les tirs en enfilade; c'est la nuit qu'on dégrossit ces travaux et, ainsi à l'abri, on perfectionne le jour.

Côté défense, l'impact est aussi clair : la place forte qui n'était que muraille flanquée de tours apparait bien fragile... Sous l'influence italienne, et en particulier de Léonard de Vinci (1452-1519), s'esquisse le tracé bastionné.
Vient ensuite le boulet métallique.
Le boulet de pierre se brise sur la muraille, le boulet de métal la disloque; la qualité d'une place n'est plus seulement liée à l'épaisseur de ses murailles, mais bien plutôt à l'art avec lequel celles-ci sont agencées.

L'architecte et le militaire doivent alors former un vrai duo de travail.
Ce tracé bastionné d'origine italienne sera véritablement perfectionné en France.

Sous le règne d'Henri IV, une organisation permanente d'ingénieurs issus de l'armée sera chargée des travaux en temps de paix.
La surintendance des fortifications qui avait été créée en 1542 devient alors une véritable administration qui comprend tous les " ingénieurs du Roy ".
Organisation purement administrative, il faut attendre 1645 pour que chaque administrateur reçoive auprès de lui un adjoint technique.

En 1690, à l'initiative de Vauban, le Corps des ingénieurs militaires est constitué.
En 1691, ingénieurs des places de la Guerre et de la Marine et ingénieurs des tranchées sont regroupés dans le " Département des fortifications des places de terre et de mer ".
On peut considérer cette date comme l'origine de l'arme du génie.
Les " ingénieurs du Roy " se spécialiseront progressivement soit en défenseurs et preneurs de villes, soit en architectes et bâtisseurs.
Le maréchal de Vauban est considéré comme le fondateur du génie français car il est à l'origine de l'organisation d'une arme specifique, homogène et autonome, qui s'est prolongée jusqu'à nos jours.

De la mort de Vauban jusqu'au milieu du XIXème siècle, les choses évoluent lentement. L'artillerie voit sa mobilité progresser plus que ses qualités balistiques. L'art de la fortification est à l'unisson. L'artillerie et la fortification n'ont en effet jamais évolué l'une sans l'autre.

Côté organisation du génie, l'ordonnance de 1776 impose de répartir les fonctions attribuées aux ingénieurs d'après leur grade et non plus d'après leur ancienneté dans le corps; elle fait ainsi de ce dernier un véritable corps militaire.
De plus, le corps royal du génie devenait un corps combattant, à l'effectif de 329 officiers.

En 1794, Carnot est à l'origine de l'école Centrale des Travaux Publics devenue l'année suivante l'école Polytechnique, dont la mission était de former les ingénieurs de l'Etat et en particulier les futurs officiers de l'artillerie et du génie.

En 1689, Vauban avait établi un plan de défense de Paris, refusé par le roi car jugé comme trop onéreux. En 1814, cette absence de fortification permit aux troupes coalisées d'atteindre la capitale.

Cet échec rendit très vite la question d'actualité.

En 1874, le général Séré de Rivières sera l'homme providentiel qui sut proposer, faire adopter, puis réaliser rapidement un système fortifié cohérent qui préserva la France de l'invasion pendant de longues années.
Sous son impulsion des travaux importants, notamment aux frontières, furent entrepris sans retard.
Les ouvrages du projet de 1874 sont en voie d'achèvement lorsqu'il quitte le poste de directeur du génie en 1880.
Bien que parfois critiqués au nom des doctrines offensives, ils feront l'objet de quelques perfectionnements liés comme toujours au progrès de l'armement.

 

Seconde moitié du XIXème siècle : Fort l'Ecluse reçoit encore diverses améliorations. D'abord pour s'inscrire durablement dans le nouveau schéma des fortifications de l'Est, le "système Séré de Rivières" du nom de son concepteur, mais aussi pour répondre une nouvelle fois aux progrès importants de l'armement.

 

Alors que les nécessités géopolitiques et techniques pour ces améliorations se font sentir dès l'entrée dans cette seconde moitié de siècle, Fort l'Ecluse patientera jusqu'en 1885-1886; nouveaux ouvrages et finances obligent.

De plus, en 1860, la Savoie devient définitivement française. Le fort perd là un de ses intérêts militaires puisque "l'ennemi" le plus direct n'est plus là. A noter dans cette période, 1857-58 exactement, la première liaison ferroviaire Genève-Bellegarde construite au pied de Fort l'Ecluse.

L'armistice signée après la guerre de 1870 redessine à nouveau les frontières tout comme un sursaut d'intérêt pour ce "fort-cadenas".

Les travaux les plus importants ont consisté en la construction d'un parados casematé au devant du bâtiment principal pour le protéger des tirs de mortiers maintenant à fûts rayés et armés d'obus explosifs et non plus simplement pleins.

On procéda aussi à quelques "raccords" : renforcement ou élargissement de batteries et de magasins, nouvelles casemates ou encore un four à pain à "l'épreuve" pour le casernement de la citadelle.

Durant la Grande Guerre de 1914.1918, Fort l'Ecluse ne tiendra aucun rôle crucial puisque bien éloigné du théâtre des accrochages des troupes au sol ou des mouvements des premiers chars et de l'aviation. Ces deux nouveaux acteurs des conflits armés annonçaient d'ailleurs le déclin de la défense statique, du système de fortification sédentaire auquel appartient alors Fort l'Ecluse. Les promoteurs de la ligne Maginot en feront le constat amer...

 
 
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