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Epoque moderne, Seconde guerre mondiale
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La cantine-buvette du Fort.

Voici un haut lieu, vraiment stratégique à l'intérieur même du fort, que cette cantine !
Depuis longtemps, cet endroit fut bien entendu le lieu de réconfort des troupes.
Le mot "réconfort" est toutefois peut-être un peu exagéré si l'on se réfère aux écrits du XIXème siècle faisant écho de la nourriture qui était proposée à cette époque aux soldats...
Malgré tout, quelques temps avant la Grande Guerre de 1914, cet endroit était également devenu le lieu de rendez-vous dominical des belles filles de la région; le prestige de l'uniforme que voulez-vous !
Une halte rafraîchissante et attendue des paysans ou voyageurs de passage aussi.

Au sujet de ce qui servit ainsi de buvette, et avec un peu de chance, vous pourriez encore croiser quelqu' habitant de Longeray, Leaz ou alors Collonges qui vous ferait le récit de petites aventures croquignolettes de l'une ou l'un de ses aïeuls dans cet endroit...

Située juste à l'entrée du fort, côté Porte de France, adossée à l'escalier extérieur qui permet de gagner les étages supérieurs, cette cantine qui porta aussi des pancartes 'Café-Restaurant" était une halte appréciée.
Il faut alors absolument garder à l'esprit , aujourd'hui encore plus fortement lorsque l'on évoque la réhabilitation du lieu, que le Fort l'Ecluse reste fortement ancré dans le paysage et le coeur des gens du pays parcequ'il fut aussi un des rares lieux de ralliement, un lieu de convivialité, d'échanges et de rencontres en temps de paix, cette "cantine" y aura sans aucun doute beaucoup contribué.

 

 

 

 

Au sortir de la Grande Guerre de 1914-1918, durant laquelle Fort L'Ecluse aura tenu son rôle à distance de l'ennemi, il fut décidé de creuser un tunnel dans le Credo, cette pente rocheuse sur laquelle s'adosse le fort inférieur.
Le tunnel, utilisé aujourd'hui encore comme seul accès, hors autoroute, sur l'axe Bellegarde-Genève, n'aura pas le temps d'être achevé que la deuxième guerre mondiale éclate.

 

Fort l'Ecluse ne sera donc pas impliqué directement dans la Grande Guerre mais plusieurs compagnies qui furent détachées au fort en ce début du XXème siècle se rendront sur le front et participeront activement et avec les honneurs aux combats.
Parmi ces compagnies, celle du Capitaine ROBERT, la 2ème compagnie du 133e Régiment d'infanterie, détachée au Fort l'Ecluse sous son commandement de 1911 à 1913.

En proie à de sérieux problèmes d'audition, le capitaine Robert devra laisser partir sans pouvoir les accompagner, ce qui fut pour lui un grand crève-coeur, ses camarades vers le front. Après de multiples demandes, il rejoindra enfin le front en mai 1915 pour prendre le commandement de la 7e compagnie du 133e R.I, avec laquelle il s'illustrera lors de combats importants.

 

Dans l'euphorie de l'immédiat après guerre, la circulation à vocation commerciale mais aussi touristique s'intensifie.
La route qui traverse le Fort l'Ecluse devient alors trop étroite, trop mal formatée pour accueillir ce flot de véhicules légers ou de camions haletants.
Après de nombreuses hésitations, bras de fer entre les intérêts de la défense nationale et les impératifs du développement industriel et commercial (sans oublier les premiers congés payés), il est finalemant décidé de creuser en pleine roc pour détourner la route de l'enceinte même du fort.

Les travaux, commencés à l'été 1937 sont achevés à la fin du printemps 1939.
Mais les ouvrages militaires, grilles de condamnation des accès ou encore fossé anti-char, qui devaient être mis en place, tout comme la route elle-même, ne pourront être réalisés : Hitler a déjà largement entamé sa marche folle.

Le 15 mars 1939, il occupe la Tchécoslovaquie, envahit la Pologne le 1er septembre 1939. Le 2 septembre, la France ordonne la mobilisation générale.
Le 3 septembre, la France et l'Angleterre déclarent la guerre à l'Allemagne.

En quelques jours, Fort l'Ecluse se mue une nouvelle fois en véritable gardien du Haut Rhône et de la région Rhône Alpes, prêt à faire donner le canon comme il le fit en 1815 pour la dernière fois.

 
 
   
 
 

Pendant cette deuxième guerre mondiale, le capitaine Favre, André Favre, enseignant mobilisé comme officier de réserve, va tenter de garder fermé à toute intrusion ennemie ce verrou qu'est Fort L'Ecluse. Malgré une vaillante mais vaine défense, tenu par une garnison de près de 300 hommes et une maigre artillerie, Fort l'Ecluse est fait prisonnier sans jamais avoir déposé les armes mais du fait de la convention d'armistice entrée en vigueur le 25 Juin 1940.

 
 
 

Le capitaine Favre, réserviste, avait pris le commandement de Fort L'Ecluse à la tête de la troisième compagnie du 179e BAF (Bataillon Alpin de Forteresse).
Ses hommes allaient bientôt être rejoints par un détachement du 164e Régiment d'Artillerie de Position sous les ordres du lieutenant Mestrallet et quelques éléments du 440e Pionniers.
Si tous ces hommes et leur commandement avaient la ferme intention de tenir le fort jusqu'au bout, l'examen de l'artillerie disponible laissait quelque peu dubitatif : on la savait déjà loin des derniers progrès de l'armement pendant la guerre de 14 ! Pour preuve, ces deux pièces de canon de 95mm, transportées en toute hâte pour venir renforcer le matériel présent, dignes pièces apparues après la guerre de 1870 !...


Les soutes et autres cavernes à munitions étaient pourtant plus que protégées et garnies mais les canons bien peu adéquats. Le plus moderne de ceux-ci était même quasi inutilisable : il était renfrogné dans le tunnel, tout juste achevé, tout juste barricadé...
La défense du fort supérieur s'annonçait toute aussi malaisée : l'adjudant Petit et ses hommes ne pouvaient compter que sur des armes légères, d'antiques fusils-mitrailleurs.

 

Les troupes descendent allègrement par le Nord-Est et se trouvent à la mi-juin dans des accrochages violents dans le Jura.
L'étau se resserre mais le Capitaine Favre à le temps d'ordonner le minage des voies d'accès à Fort l'Ecluse par l'est et le pays de Gex.
La défense s'organisera sur l'ouest.

Des passages stratégiques sont aussi condamnés en aval du Rhône : la voie ferrée au pied du fort est barrée, la passerelle de Grésin détruite, le viaduc de Longeray accueille un convoi ferroviaire-barrage sur toute sa longueur, son tunnel d'accès depuis Bellegarde est aussi bloqué; le grand viaduc de Bellegarde quant à lui échappera de peu au dynamitage.

Peu après, le 22 juin, alors qu'ils étaient déjà depuis quelques jours dans la ville de Bellegarde, les Allemands s'approchent à plusieurs reprises du fort, sans succès et avec quelques pertes humaines.
C'est ce même jour, ce 22 juin à 18h30 très exactement que l'armistice est signé.
Malgré tout, le Capitaine Favre dépose les armes par respect de la Convention d'Armistice mais tient le fort; aucun ordre de repli ne lui a été clairement transmis par ses supérieurs et malgré la pression des officiers allemands, il n'est pas question de leur abandonner ce fort puisqu'il n'était toujours pas pris par l'ennemi à la signature de cette armistice.
A cet acte d'honneur et de bravoure certains purent mollement opposer que cela aurait simplement permis au capitaine et à ses hommes de fermer les yeux sur leur devoir et fuir tranquillement vers la Suisse et ne pas être faits prisonniers comme cela sera le cas quelques jours plus tard.
De cet acte lâche il ne sera jamais question pour ces hommes.

Malgré son bon droit et sa juste interprétation de cette convention, le capitaine Favre et ses hommes feront les frais d'un manque de soutien de la hiérarchie : le 3 Juillet 1940 la reddition est actée, les hommes faits prisonniers et envoyés en Allemagne.

En 1940, "la drôle de guerre" se termina donc par l'occupation totale du Pays de Gex. L'arrondissement de Gex fut rattaché au département du Doubs. Le 21 mai 1942, Klaus Barbie sera nommé chef du commando extérieur de Gex en raison du lieu exceptionnel que représentait cette ville à quelques pas de Genève.

 

 

 

Vidé de tout, de l'armement au mobilier le plus insignifiant, Fort l'Ecluse sera peu à peu délaissé par l'armée Allemande.

Comme une coquille de noix vide, le fort restera figé là, seulement malmené par le vent et autre usure du temps.

 

En Juin 1944, le maquis de l'Ain intensifie très vigoureusement son action et Fort l'Ecluse devient une cible importante.

Vivifiés par leur parfaite connaissance des lieux, comme cela sera le cas pour Marcel Barbier, l'un des reponsables de l'Armée Secrète de Bellegarde, des hommes de Longeray, Leaz et des bourgs voisins prennent possession du fort inférieur et supérieur, la citadelle.
Fort l'Ecluse pouvait enfin regagner le coeur des femmes et des hommes de la région comme tout un symbole de fierté mais aussi de liberté.
Malgré tout, cet épisode victorieux ne saurait être complet sans rappeler que dans leur déroute, comme ici et ailleurs, des soldats des troupes Allemandes se livrèrent à des exécutions sommaires, mirent à sac fermes et villages des alentours, du Pays de Gex et du Jura.

 

 

 

 

 

 

   
 
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