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I
Ailleurs, en France et à l'étranger
 
 

À l’échelle de l’histoire européenne, Berlin n’est une grande métropole que depuis relativement peu de temps. Berlin est mentionné la première fois en 1244, mais aucun acte officiel ne stipule sa fondation. Elle ne deviendra capitale royale qu’en 1701, sept siècles après Paris, et sa population ne s’accrut réellement qu’au XIXe siècle,grâce à la révolution industrielle et la fondation de l’Empire allemand. Spandau constitua en fait le premier centre urbain de Berlin.


La capitale allemande prit ses dimensions actuelles en 1920, quand une réforme administrative l’unit à 7 villes de banlieue, 59 communes rurales et 27 domaines appartenant à des particuliers. Le "Gross Berlin" ainsi créé couvrait une superficie d’environ 900 km2 et possédait quelque 3,8 millions d’habitants. Il incorporait notamment des bourgs d’origine médiévale tels que Spandau.
Petit village dans la ville, Spandau est cerné de bois et d’eau. Avec ses ruelles baroques, le quartier a conservé son cachet d’antan. Sa citadelle Renaissance joua toujours un rôle stratégique dans la défense de la ville.

 

Bien avant que l'on trouve pour la première fois mention de Spandau dans un document daté de 1197, un village fortifié slave se trouvait déjà sur l'emplacement de l'actuelle citadelle.

Après avoir pris le contrôle de ce domaine, le Margrave Albrecht, dit "l'Ours", fît édifier un frontière sur ce haut lieu stratégique, au confluent de la Spree et de la Havel. Un château fort y fut ensuite construit pour servir de lieu de résidence et de gouvernement jusqu'au milieu du 15ième siècle.


La "Juliusturm" (XIIe), donjon construit sous Albert l'Ours, constitue aujourd'hui la partie la plus ancienne de la citadelle.

Comme à chaque fois, les progrès de l'armement et l'invention de nouvelles armes offensives obligeront là encore à de profondes restructurations du système de défenses.
Sur les fondations de l'ancien château fort de Spandau devenu Palais et de cette tour de Julius, l'Electeur Joachim II fera élever un imposant système de défense que l'on peut qualifier de "néo-italien", style en vogue en ce XVIème siècle.

La construction de la citadelle, ordonnée en 1559, ne sera achevée qu'en 1594. Joachim II meurt en 1571 et c'est son fils qui en termine donc l'édification.
II sera fait appel aux services de plusieurs architectes mais c'est l'italien Francesco Chiaramella de Gandino, qui louait jusqu'alors ses services à la république de Venise, qui en réalise la conception et les fondations.

La forme de cette forteresse, dont l'enceinte est totalement entourée d'eau, est un quadrilataire impressionnant et quasiment parfais. Pour tenter de vous imaginer la superficie couverte, il faut savoir que 300 mètres de murs d'enceinte séparent chaque bastion !
Cette citadelle grandiose servit alors de place forte pour protection de Berlin et de sa province mais aussi de précieux refuge pour les souverains menacés par les conflits armés ou encore de vaste prison d'état.

 

Suite...

Quelques traits d'histoire supplémentaires


Extraits des Oeuvres de Napoléon Bonaparte. Tome IV


Potsdam, le 26 oct. 1806.

Dix-huitième bulletin de la grande armée.

(...) Lord Morpelh, envoyé d'Angleterre auprès du cabinet prussien, ne se trouvait, pendant la journée de Iéna, qu' à six lieues du champ de bataille. Il a entendu le canon; un courrier vint bientôt lui annoncer que la bataille était perdue, et en un moment il fut entouré de fuyards qui le poussaient de tous côtés. Il courait en criant: "Il ne faut pas que je sois pris!". Il offrit jusqu'à soixante guinées pour obtenir un cheval; il en obtint un et se sauva.

La citadelle de Spandau, située à trois lieues de Berlin, et à quatre lieues de Potsdam, forte par sa situation au milieu des eaux, et renfermant douze cents hommes de garnison, et une grande quantité de munitions de guerre et de bouche, a été cernée le 24 dans la nuit. Le général Bertrand, aide-de-camp de l'empereur, avait déjà reconnu la place. Les pièces étaient disposées pour jeter des obus et intimider la garnison. Le maréchal Lannes a fait signer par le commandant la capitulation de cette place.
On a trouvé à Berlin des magasins considérables d'effets de campement et
d'habillement; on en dresse les inventaires. (...)

 

Charlottembourg, le 27 oct. 1806.
Dix-neuvième bulletin de la grande armée.

L'empereur, parti de Potsdam aujourd'hui à midi, a été visiter la forteresse de Spandau. Il a donné des ordres au général de division Chasseloup, commandant le génie de l'armée, sur les améliorations à faire aux fortifications de cette place. C'est un ouvrage superbe; les magasins sont magnifiques. On a trouvé à Spandau des farines, des grains, de l'avoine pour nourrir l'armée pendant deux mois, des munitions de guerre pour doubler l'approvisionnement de l'artillerie.
Cette forteresse, située sur la Sprée, à deux lieues de Berlin, est une acquisition inestimable. Dans nos mains, elle soutiendra deux mois de tranchée ouverte. Si les Prussiens ne l'ont pas défendue, c'est que le commandant n'avait pas reçu d'ordre, et que les Français y sont arrivés en même temps que la nouvelle de la bataille perdue. Les batteries n'étaient pas faites et la place était désarmée. (...)

 

 

 

 

 


 
                                                 
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